« La musique n’a ni frontières ni barrières linguistiques », dit-on. C’est une conviction qui m’anime profondément. Dans un monde culturellement en constante évolution, où chaque tradition puise dans l’autre, célébrer la diversité sonore devient essentiel. La musique est bien plus qu’un simple goût, elle ouvre l’esprit et invite à découvrir le monde à travers ses harmonies. Mais concrètement, mon côté mélomane sans frontières a-t-il enrichi ma vie d’intellectuel ? Que m’a-t-elle appris sur ma manière d’écouter et de décrypter les messages cachés derrière chaque chanson ?
Tant que je reste un homme libre d’esprit, je ne me prive pas d’écouter les sonorités de divers horizons. À la différence de certains chrétiens conformistes et radicaux d’Afrique, j’écoute une grande diversité de musiques, j’en analyse chaque aspect avec calme et sérénité, et je tire mes conclusions sans passion. Cette approche de la musique vient probablement de mon côté artistique. Entre 16 et 19 ans, je faisais du Rap et un peu de Slam, et je m’en sortais plutôt bien. Cependant, j’ai dû mettre cela de côté pour me concentrer sur des métiers plus rémunérateurs, afin de payer mes factures. C’est aussi ça, la vie.
Une playlist assaisonnée
En effet, du zouk antillais à la rumba congolaise, en passant par le reggae, l’Afrozouk, le gospel, le rap français, chaque note raconte une histoire, chaque rythme porte une culture. Cette playlist éclectique, réunissant des artistes tels que feu Alain Moloto, Jacob Desvarieux, Jocelyne Beroad, Whitney Houston, Lionel Richie, Brenda Fassie, Marvin Gaye, Lucky Dube, Tracy Chapman, Oliver Ngoma, Koffi Olomidé, Youssoupha, Smarty, Eric Virgal, et bien d’autres, illustre la richesse et la diversité des sonorités qui nourrissent mon oreille de véritable voyageur mélodique. Bien que je ne sois pas un fan de tous ces musiciens, chaque écoute attentive révèle toujours quelque chose de précieux : « Elargissement de l’esprit ».
Diversité culturelle mondiale
Dans le cadre de ce blog, l’élargissement de l’esprit se réfère à l’ouverture mentale et à la capacité de comprendre et d’apprécier les diverses cultures et influences musicales. Cela dépasse l’écoute de la musique comme simple distraction ; il s’agit d’une exploration réfléchie et enrichissante des sonorités du monde, permettant de saisir plus profondément les messages et les émotions qu’elles véhiculent, tout en adoptant une perspective plus inclusive et nuancée de la diversité culturelle mondiale.
Pour moi, chaque morceau de musique porte un message et reflète une culture. Si le reggae de Lucky Dube (Afrique du Sud) m’incite à réfléchir sur des valeurs essentielles comme l’unité, l’amour, la lutte contre l’injustice et la discrimination, ainsi que la réconciliation pour construire une nation, la mélancolie de Jacob Desvarieux et Kassav (Antilles), les sonorités de feu Aganze Ier (RDC) et celles de Tholo Nyamugusha ( RDC-Belgique) ravivent en moi la fierté de mon identité noire et afrodescendante, tout en me connectant profondément à mes origines, notamment ma tribu « Shi » du Sud-Kivu, dans l’Est de la RDC.
Une musique, une contribution
La musique des légendes telles que Whitney Houston (USA), Marvin Gaye (USA), Tina Turner (USA), Toni Braxton (USA), Natasha St-Pier (Canada), Letta Mbulu & Caiphus Semenya (Afrique du Sud), Juliana (Ouganda), Jean-Jacques Goldman (France) et Koffi Olumide (RDC), Madilu System (RDC) réveille en moi une sensibilité amoureuse, tandis que les mélodies du regretté Alain Moloto (RDC) et les voix suaves de Lassa Karlito (RDC), Lokua Kanza (RDC) nourrissent ma méditation, apaisent mon esprit et renforcent le lien entre mon corps et mon essence spirituelle.
Si Oliver Ngoma (Gabon), Sam Fan Thomas (Cameroun), Salif Keita (Mali), Angélique Kidjo (Bénin), Monique Seka (Côte d’Ivoire), Miriam Makeba (Afrique du Sud), Brenda Fassie (Afrique du Sud) et Cesária Évora (Cap-Vert) ravivent en moi l’amour pour l’Afrique, les sonorités de kerry James, Benji, Youssoupha (France), Grand Corps Malade (France), Diams (France) et Smarty (Burkina Faso) m’inspirent le désir d’évoluer, de persévérer et de progresser.
Construire une personnalité distincte
À partir de 22 ans, nous sommes souvent en pleine construction de notre personnalité. La curiosité nous pousse à rechercher une image différente, parfois éloignée de celle que nous avons reçue en famille. Cela varie d’une personne à l’autre. Cette quête va au-delà du simple questionnement, elle englobe plusieurs influences. La musique, les relations amicales, ainsi que l’éducation reçue à l’école ou à l’église façonnent souvent notre perception du monde. J’ai aussi vécu cela, et la musique a joué un rôle important dans cette évolution. Elle peut renforcer, d’une manière ou d’une autre, notre lien avec nos racines.
Pour finir, parfois, l’on n’a pas toujours les moyens de voyager pour découvrir d’autres peuples, mais la musique permet aussi de comprendre que les émotions et valeurs partagées entre peuple à l’échelle mondiale.
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