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Et si nos cœurs étaient plus « cassés » que le verre de Lutumba Simaro ?

Cela fait des années que j’écoute les compositions du légendaire Lutumba Simaro, un maître de la Rumba Congolaise. Mais ce soir, en écoutant « Verre Cassé », une magnifique chanson interprétée par Lassa Carlito et le regretté Pépé Kallé, un sentiment différent m’a envahi. Entre méditation et dégustation d’une mélodie mélancolique, mon esprit, en plein festin, a décidé de coucher sur ce blog mon histoire d’amour, étonnamment similaire. Mais pourquoi ? Eh bien, laissez-moi vous expliquer !

@Lutumba Simaro officiel

Au crépuscule de mon adolescence, j’ai croisé une étoile dont l’éclat illuminait mon ciel de jeune homme. Au début, c’était comme un rêve lointain, inaccessible, car elle ne me répondait pas de la même manière. Mais peu à peu, nos âmes se sont tissées, et l’amour a commencé à naître là où il n’était qu’une illusion. Ensemble, nous avons appris à être plus que deux êtres distincts : nous étions un, un cœur battant à l’unisson. Elle m’aimait, me soutenait, me guidait dans ce monde incertain. Elle était mon équilibre, ma lumière dans l’obscurité… jusqu’à ce que tout bascule.

Le piège de l’âge, l’attrait du luxe, et l’influence du monde extérieur sont venus troubler son regard, lui arrachant son côté candide. Elle a commencé à se perdre, à chercher ailleurs ce que je ne pouvais lui offrir. Et moi, simple étudiant sans argent, sans statut, tout juste en quête de sens dans un pays où l’avenir semble toujours un labyrinthe, je n’étais pas à la hauteur de ses attentes. Mon cœur s’est serré, la flamme de notre amour s’est éteinte lentement, comme une bougie soufflée par un vent glacial.

Un dernier poème d’amour pour rien !

Je me souviens encore de ce poème que je lui ai écrit, chaque mot chargé d’espoir, de sincérité. Une nuit entière passée à y mettre tout ce que j’avais d’amour et de tendresse, pensant qu’elle le lirait, qu’elle comprendrait la profondeur de ce que je ressens malgré ma pauvreté matérielle. Mais quand je lui ai tendu ces vers, le désenchantement est venu plus vite que je ne l’avais imaginé. Elle n’a même pas pris la peine de lire, de répondre, ou même de dire merci. « C’est quoi ça ? » m’a-t-elle dit, avec froideur pour une fille très romantique. Je suis resté là, à attendre son message, mon cœur battant, mais aucun mot n’est jamais venu.

Et puis, tout a basculé. Trois mois plus tard, elle m’a lâché, sans un regard en arrière, me laissant dans les bras de la déception et de l’incompréhension. On m’a raconté qu’elle m’avait remplacé, qu’elle avait trouvé un homme « chic », « avec un bon boulot », celui qui, apparemment, représentait son « bonheur ». Elle m’a dit, à l’aube de notre rupture, qu’il était meilleur que moi. Ses mots m’ont frappé comme une lame. « Ne t’avise pas de te comparer à lui », m’avait-elle dit.

Un cœur lourd ne trouve pas le sommeil

Quand tout s’est éteint, je suis parti, le cœur lourd, m’éteignant doucement dans la solitude de cette déception. Mais c’est la vie, n’est-ce pas ? En chemin, nos regards se croisaient à peine, comme si nous étions devenus des étrangers. Et lui, le nouveau venu dans sa vie, il avait tout ce que je n’avais pas… Mais en fin de compte, a-t-elle réellement trouvé le bonheur ? Ou bien, comme on dit, tout ce qui brille n’est pas de l’or ? Après la rupture, certaines de ses amies, dans leur rôle de « juges des trottoirs » (Ba nzuzi ya nzela, Ndlr Simaro), m’ont condamné sans la moindre enquête, accusant des choses que je n’ai pas faites, prétendant que je manquais de maturité envers toi.

Des années ont passé. 7 ans en tout. Aujourd’hui, en parcourant les captures des anciens messages laissés dans ma boîte e-mail, tout en écoutant ce tube et culte (Verre Cassé), un flot d’émotions m’envahit. De la joie et du sourire pour les souvenirs, mais aussi de la douleur, et une étrange résignation face à la manière dont tout s’est terminé. Elle avait voulu un bonheur qu’elle pensait avoir trouvé, mais, c’était un mirage, une illusion faite de sable qui s’effrite entre les doigts.

Accepter le destin

Quelques mois avant cela, nous avions eu une conversation éphémère. Elle m’a écrit : « Bill, tu sais ce qu’est une relation… Tu étais romantique, attentionné, gentil. J’étais si stupide, mais heureusement tu as tout compris. » Ses mots, à la fois doux et pleins de regrets, résonnent encore en moi. Et moi, je lui ai confié la douleur que j’avais ressentie, ce cœur brisé qu’il m’a fallu réparer, morceau après morceau, jusqu’à ce que je puisse respirer à nouveau. « Le choc était immense… Comme un verre cassé, tu avais tellement brisé mon cœur. Il m’a fallu des années pour m’en remettre. »

Nos chemins ne se sont jamais véritablement retrouvés, et peut-être qu’ils ne se croiseront plus, car chacun a pris sa propre direction, ou est désormais engagé ailleurs. Pour autant, les souvenirs demeurent. Les regrets, les leçons tirées de cette relation, tout cela fait partie de ce voyage qu’est la vie. « Je ne t’oublierai jamais. Peu importe ce qui s’est passé, j’aimerai toujours avoir de tes nouvelles quand l’occasion se présentera », m’a-t-elle dit un jour.

Cover de l'album best of de Massiya Lutumba
Panafrican music

Verre Cassé, tout en gardant le souvenir du passé

Mais quel parallélisme faire avec Verre Cassé? Voyons! Dans cette chanson, Simaro Lutumba exprime une profonde nostalgie et réflexion sur les erreurs du passé et leurs conséquences. Il dialogue avec une personne autrefois proche, désormais en difficulté, qui n’a plus le temps de réparer ses fautes. À travers ses paroles pleines de douleur et de sagesse, il nous invite à réfléchir sur la vie, l’importance d’écouter, de pardonner et de se réconcilier, avant qu’il ne soit trop tard. Bien que la chanson montre que seul l’amour et la prière peuvent guérir les blessures, pour moi, la situation est plus complexe.

Alors, pourquoi nos cœurs sont-ils si « cassés » ? L’histoire que je raconte dans ce blog peut résonner de manière similaire à celle de Simaro Lutumba, car, tout comme dans la chanson « Verre Cassé », il y a un mélange de nostalgie, de douleur, et de regrets liés à une relation qui s’est brisée. Au début, il y avait une belle histoire d’amour, pleine d’espoir et de complicité, un peu comme mon expérience avec cette fille qui illuminait mon ciel imaginaire. Mais à mesure que le temps passait, des éléments extérieurs, comme le désir de luxe et la recherche d’une vie plus stable, ont modifié la dynamique de cette relation, tout comme Simaro le décrit dans sa chanson, où une personne perd son innocence et s’éloigne.

Comme dans la chanson, le temps et les choix ont mené à des chemins séparés, mais les traces de ce passé restent à jamais gravées. Je pense que mes propres choix, ma sincérité et mes efforts se sont heurtés à des attentes et des valeurs extérieures, avec des conséquences douloureuses. Et c’était quoi pour elle ? Seul son cœur sait exactement. Mais ce qui est sûr est que ses mots froids et dénués de reconnaissance, rappellent la rupture brutale dans « Verre Cassé », où l’un des deux protagonistes se retrouve dans l’oubli, victime de décisions prises dans la précipitation.

Le chagrin d’amour, loin d’être un cas isolé

Nos cœurs brisés, comme le verre cassé de feu Lutumba Simaro ne sont pas des cas isolés dans une société où l’amour est souvent réduit à des commodités matérielles. En République démocratique du Congo où les choix amoureux sont fréquemment influencés par des facteurs extérieurs tels que les biens matériels, le statut professionnel, les attentes familiales, les pressions sociales, et les comparaisons incessantes, il devient difficile, mais pas impossible, de bâtir des relations authentiques et durables. L’amour, au lieu d’être un échange sincère entre deux individus, devient parfois un moyen de satisfaire des ambitions ou des besoins externes. Cette réalité engendre des blessures profondes, car les liens émotionnels véritables sont souvent sacrifiés au profit de considérations superficielles.

Quelles leçons face à la réalité

« Tel un fleuve qui s’écoule sans retour, les êtres humains se concentrent souvent sur les réalisations, négligeant la valeur de l’essence initiale ». Ces paroles, tirées de la chanson qui nous inspire dans la rédaction de ce blog, sont d’une grande profondeur et méritent toute notre attention. Il est donc essentiel de ne pas sacrifier ses principes pour se conformer aux attentes des autres. Dans toute relation, la patience est cruciale, car le présent ne définit pas nécessairement l’avenir d’une personne.

Écoute « Verre Cassé » avec moi sur YouTube. Dansons en méditant sur la vie et l’amour

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Auteur·e

lumiere